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"Super-maman"

"Super-maman"Parce que lorsque l'on est maman de 3 enfants, dont 2 ont un handicap auditif de léger à modéré, sur lesquels l'un a un déficit d'attention avec hyperactivité, et qu'on essaie de concilier le boulot et la famille, on peut s'imaginer comme étant "un peu" experte en la matière... non ? Et parce que dans le fond, on est tous des héros...

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Limiter les "facteurs de risque" ?

Par "Super-maman" :: 03/08/2008 à 1:00 :: Général

Suite à ce billet où je m'exprimais notamment sur le fait de faire des enfants et de les envoyer de longues heures à la garderie, vous avez été très nombreux à commenter, apportant divers arguments très intéressants. En plus, l'échange se fait dans le respect, je vous en remercie du fond du   !

Donc suite, à vos propos, qui sont venus me faire réfléchir encore (n'était-ce pas là le but de l'exercice ? ), j'ajoute encore de mon côté quelques éléments de réflexion. Je vous rappelle que je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit de quoi que ce soit, mais simplement à cheminer, et vous faire cheminer, amis lecteurs, sur le sujet qui me (nous ?) préoccupe : imposer à son enfant de longues heures hors du foyer familial*.

C'est curieux comment, au fil des ans, ma conception de l'importance de faire des enfants comme responsabilité sociale de chaque personne en âge de procréer s'est estompée... Auparavant, non seulement je ne comprenais pas les gens qui décidaient de ne pas avoir d'enfant, ou d'en avoir qu'un seul, de faire ce choix, mais j'essayais même de les convaincre, subtilement, qu'ils faisaient fausse route ! Je ne sais pas trop pourquoi, mais avec le temps, je me suis mise à accepter leur choix, en me disant qu'il vaut mieux ne pas (ou peu) faire d'enfants si on pense, après mûre réflexion, qu'il en vaut mieux ainsi.

Je m'explique : si je fais un enfant par "obligation", par pression sociale, est-ce que je ne risque pas de mal aimer cet enfant ? N'y a-t-il pas un risque que je regrette (consciemment ou non) de l'avoir mis au monde, et que cette amertume se traduise dans ma façon de l'élever ? Non seulement je risque de nuire à ma santé mentale, je risque de compromettre aussi la sienne ! Bonjour les frais de psy !

Donc, même si la pression sociale est forte, je le redis: je crois qu'il est essentiel de bien réfléchir avec de mettre un enfant au monde.

Ma pensée s'est renforcée après avoir suivi une formation sur la maltraitance (par maltraitance, j'entends la négligence, la violence physique, verbale et mentale et les autres types d'abus) dans le cadre de mon travail, où l'on mentionnait que le fait qu'un enfant ne soit pas désiré est l'un des "facteur de risque". Les facteurs de risques sont les éléments qui augmentent les "chances" que l'enfant subisse de la maltraitance.

Il est important aussi d'envisager devenir monoparental du jour au lendemain (personne ne se le souhaite, mais ce sont des choses qui arrivent, n'est-ce pas ? Une séparation, un accident, un décès...). Car la monoparentalité est aussi un facteur qui augmente les risques de maltraitance. Donc, avant de faire un enfant (de plus !) demandons-nous si on aurait l'énergie de s'occuper de notre marmaille seul(e).

Chez nous, ce fut un argument décisif pour arrêter la famille à trois enfants. Prendre soin de nos trois mousses, les deux plus vieux d'âge scolaire (devoirs, etc.), les deux atteints d'une surdité légère à modérée, le plus vieux d'un déficit d'attention avec hyperactivité, et le plus jeune d'âge préscolaire, un revenu en montagne russes (chez nous, ni l'un ni l'autre n'avons un salaire "à l'année"), nous croyons que c'est amplement "suffisant" pour un seul parent. Il est à noter qu'une maman qui vient d'accoucher, un (des) enfant(s) handicapé(s,) un enfant atteint d'un TDAH, une famille nombreuse sont TOUS des facteurs de risque !!!

Heureusement, il existe également des "facteurs de protection" (qui viennent réduire les risques de maltraitance), mais je ne détaillerai pas ici.

Ceci dit, je suis aussi persuadée que plusieurs d'entre vous qu'il est essentiel de se réaliser comme personne. Avant d'être un conjoint, avant d'être un parent, nous sommes un individu à part entière, femme ou homme. Et il est très important que les besoins de cet individu soient comblés, afin de pouvoir contribuer par la suite à combler ceux du conjoint et de la marmaille.

Donc, très loin de moi l'idée de vouloir imposer à qui que ce soit de rester à la maison avec les mousses, si ce n'est pas ce que la personne souhaite profondément.

Mais ce que je constate, et Anne l'a bien fait transparaître dans son commentaire, c'est que plusieurs personnes le souhaiterais, mais se privent de combler ce besoin pour diverses raisons, dont principalement l'argent (le maudit argent !).

C'est un peu mon cas, car j'ai vraiment tripé lors de mon dernier congé de maternité (je n'y croyais pas moi-même !), à avoir soin de ma marmaille sans devoir me préoccuper de gagner des sous (c'était une de mes "mauvaises raisons" de vouloir avoir un  quatrième enfant (j'aurais voulu passer encore un an avec mes mousses) !).  Les sous, ça peut toujours s'arranger. À condition d'accepter de laisser tomber certains "conforts", certains acquis, que la société et/ou les média nous fait apparaître comme essentiels. Chez nous, nous limitons déjà énormément les dépenses (pour pouvoir nous "permettre" de faire chacun le métier qu'on aime, qui malheureusement, n'est pas très lucratifs, dans les deux cas !), si bien qu'on doit se rendre à l'évidence que l'on pourrait difficilement couper davantage dans les dépenses.

Enfin bref.

Comme vous l'avez si bien dit, l'important c'est que chacun se sente confortable dans les choix qu'il fait.

Mais je vous agace un peu : suis-je vraiment confortable si je me sens attaqué dès que quelqu'un questionne mes choix ?


* Je vous reviendrai dans un autre billet à ce propos.

Commentaires

Le 03/08/2008 à 3:39, par Maman Papoute
Je ne crois pas qu'il s'agisse d'être confortable ou pas dans nos choix, si l'on se sent "agacé" par les sempiternelles remises en questions (d'un côté comme de l'autre) ou questionnement de choix. C'est que souvent, il y a tellement de fermeture dans une façon de voir une chose (ou l'autre) qu'on se sent toujours le besoin d'expliquer et de réexpliquer, sans avoir l'impression d'être compris.

Puis comme il a été mentionné dans un autre commentaire, ton billet était très catégorique et pointait du doigt qu'un seul côté de la médaille. Si une personne se mettait à écrire d'une façon aussi catégorique sur celui qui te concernes, ne crois-tu pas que toi aussi (bien que confortable dans ton choix) tu essayerais de défendre ta position?

Aussi, un choix, bien qu'il soit fait lucidement et au meilleur de notre jugement, n'est jamais tout noir ou tout blanc. Un compromis par ici et un autre par là (sans compter les sacrifices), il y a toujours quelque chose qui nous titille dans ce choix qu'on a pas fait (sans pour autant regretter celui qu'on a choisit).
Le 03/08/2008 à 3:42, par Maman Papoute
J'aimerais ajouter que peut importe NOTRE choix, nous imposons quelque chose à notre progéniture... être à la maison ou ailleurs.

En fait, dès sa conception nous lui imposons la vie... qui n'a rien de facile (ou de toujours plaisante... l'avenir n'est pas que rose pour nos enfants avec entre autre la pollution...)
Le 03/08/2008 à 4:11, par Super-maman
Petite réponse à titre préventif (donc pas dirigée nécessairement vers des commentateurs en particulier) :

Catégorique, moi ? Peut-être. Difficile de se juger soi-même.

Mais peut-être pas tant que ça, puisque je suis ouverte aux commentaires, que je n'ai pas nécessairement de position arrêtée sur tout, que je demeure en questionnement, que mon ton demeure ouvert (malgré que par écrit ça se traduit peut-être un peu mal).

J'écris un blogue depuis plus de 2 ans, même si celui-ci est récent. La majorité de mes lecteurs me connaissent depuis mes débuts dans la blogosphère, et parmi eux, plusieurs me connaissent personnellement,

Désolée si ma position ou mes propos choquent, ce n'est pas le but. Tout ce que je voulais faire c'est amener les gens à une prise de conscience et partager mes impressions de personne qui à la fois travaille dans le domaine de la petite enfance et est maman 3 fois.

Bref, je suis quand même ici chez moi et personne ne contraint mes lecteurs à venir me lire, à ce que je sache. Ça m'est déjà arrivé de délaisser la lecture d'un blogue car le contenu ne cadrait pas avec mes valeurs.

Donc, même si les opinions divergent, il est important que le ton demeure respectueux. Sans quoi, je devrai supprimer des commentaires, ce que je trouverais dommage.

Je commence à regretter de m'être exprimée... ça va mal !
Le 03/08/2008 à 4:18, par Maman Papoute
Désolée si mes commentaires t'on blessée... ce n'était absolument pas le but. Je croyais répondre respectueusement à tes questions/commentaires. Je vois que j'ai peut-être raté mon coup.

Tu m'en vois désolée.

Le 03/08/2008 à 4:39, par Super-maman
Ça va, Maman Papoute ! :0)

C'est juste le mot "catégorique" qui est venu me titiller un peu, et le ton qui m'a semblé monter d'un cran dans les derniers commentaires de l'autre billet.

Merci d'être revenue pour m'éclaircir, c'est très aimable à toi !
Le 03/08/2008 à 4:54, par Maman Papoute
Ça fait plaisir. Loin de moi l'idée de chercher la bisbille, surtout que j'aime beaucoup ta façon d'écrire et de t'exprimer.

J'avoue que je suis très "emportée" par ce sujet, car il vient me chercher énormemment dans mes choix, ma façon d'être et de vivre ce que je suis. Être maman et travailler, c'est souvent pointé du doigt, comme s'il s'agissait d'un crime, alors qu'on fait comme toutes les autres mamans... de notre mieux.

Si tu permet, je met un lien de mon blogue, vers tes deux billets... car je trouve la discussion intéressante (et pour une fois, respecteuse)­. J'attends ton ok!
Le 03/08/2008 à 4:55, par Super-maman
"Si tu permet, je met un lien de mon blogue, vers tes deux billets... car je trouve la discussion intéressante (et pour une fois, respecteuse)­. J'attends ton ok! "

J'en serais flattée ! :0)
Le 03/08/2008 à 5:00, par Maman Papoute
Merci!
Le 03/08/2008 à 9:06, par Nathalie
J'ai lu le dernier billet et je mijotais là-dessus, quel sujet chaud et pointilleux. Je n'ai pas grand chose de plus à apporter que les autres si ce n'est que après 4 enfants ce que je constate c'est que tout ce qui touche nos petits vient faire vibrer quelque chose de profond et d'intense en nous, qu'on parle d'allaitement, de maman à la maison, de garderies, d'introduction des solides, etc.

L'idée je pense c'est qu'on veut toutes le meilleur pour nos mousses et donc que ce que l'on choisit est forcément le meilleur. Et je pense que c'est vrai, on fait de notre mieux en majorité (bon il y a des exceptions évidemment).

J'ai eu 4 enfants par amour, pour ça et rien que pour ça. Je retourne au travail à la fin de mon congé que j'allongerai probablement. C'est mon choix, il me convient, il me plaît, je l'assume à 100% parce que pour moi et ma famille c'est ce qu'il y a de mieux. Je pourrais élaborer, expliquer le pourquoi du comment, me justifier, mais ça ne servirait à rien parce que je suis moi, unique en mon genre et seule dans ma situation. Je fais le mieux pour ma famille et je me dis à chacun son chemin.

Quel intéressant sujet, merci de la réflexion!
Le 03/08/2008 à 9:15, par JulieJulie
C'est deux billets remplis de réflexions très intéressantes. Je crois que l'on a tous notre propre vision de nos choix, et que l'on croit toujours avoir fait le meilleur pour nous, sinon ça devient insupportable de se dire, j'ai fait un enfant de trop ou j'aurais dont du faire cette enfant là...
Le 05/08/2008 à 0:11, par Eve
Belle réflexion dans l'ensemble.. Je suis absolument d'accord avec Nathalie que nous faisons tous ce qui nous semble le mieux pour nos enfants.

Comme je trouvais le sujet intéressant, je n'ai pas pu m'empêcher de faire une réflexion à ce sujet dans mon blogue et je terminais justement sur cette note: "Au bout du compte, je crois que c’est une question de choix, de bien-être et de trouver le juste milieu pour chaque famille. Si tout est équilibré, je crois que toute la petite famille en sera heureuse!"

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